Réseau international de chercheurs

Présentation du réseau international de chercheurs

Un réseau international de chercheurs sur les réalités masculines

 

Au cours des dernières années, les groupes de recherche sur les hommes et les masculinités se sont multipliés un peu partout de telle sorte qu’on retrouve des chercheurs sur divers thèmes reliés aux réalités masculines dans plusieurs pays. Cependant, les chercheurs demeurent isolés et les regroupements qui existent sont localisés dans un pays spécifique ou une région particulière ou encore se limitent à une thématique unique. C’est dans ce contexte qu’est né ce projet de créer un réseau international de chercheurs sur les réalités masculines.

 

Origines du projet

Le projet de mettre sur pied un réseau international de chercheurs sur les réalités masculines est né de l’initiative d’un membre de l’équipe Masculinités et Société, Gilles Tremblay sous recommandation de collègues internationaux. Son année d’études et de recherche et sa participation régulière dans des colloques et congrès internationaux lui ont permis d’établir des liens étroits avec une trentaine de chercheurs sur les réalités masculines dans une vingtaine de pays différents. Devant l’intérêt des différents acteurs de créer des liens à l’international, le contexte actuel apparaît idéal pour la formation d’un réseau international de chercheurs en études sur les hommes et les masculinités. Pour ce faire, Masculinités et Société présente l’expertise pour mener à bien ce projet novateur d’autant plus que, sur le plan politique, le Québec jouit d’une excellente réputation qui permet de jouer un rôle rassembleur. Bref, en se basant sur son leadership au Québec et la place qu’elle occupe sur le plan international, l’équipe M&S compte mener à bien un tel projet.

 

Dans le contexte actuel de mondialisation et considérant les changements importants caractérisant la production de connaissances, la recherche internationale est désormais incontournable. Les organismes subventionnaires québécois et canadiens reconnaissent d’ailleurs de plus en plus la nécessité d’aider les chercheurs canadiens à mettre en place et à développer davantage des collaborations internationales en recherche pour faire progresser la recherche québécoise et canadienne. Selon le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada (2006), « la collaboration internationale est essentielle pour accéder au bassin mondial des connaissances et de l’expertise, en particulier pour un pays de taille moyenne comme le Canada. Elle est également indispensable, car elle apporte différentes perspectives de recherche à des enjeux nationaux et internationaux clés. De plus, pour pouvoir aborder convenablement des enjeux mondiaux vastes, complexes et interconnectés, les chercheurs doivent de plus en plus rassembler des ressources et des compétences à l’échelle mondiale »(p.2).C’est dans ce contexte que le ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation ainsi que le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec ont accepté de financer un premier projet qui vise à jeter les bases d’un tel réseau.

 

Pourquoi un réseau international ?

La création d’un réseau international de chercheurs dans le champ des études sur les hommes et masculinités est essentielle et permettra à la fois un meilleur échange de connaissances et un transfert des expertises sur le plan de la recherche et de l’intervention. Ces échanges favoriseront la création de nouveaux savoirs en vue d’améliorer nos capacités de recherche et d’intervention. Ces savoirs permettront d’améliorer la santé et le bien-être de la population et par le fait même, diminuer le fardeau économique engendré par les coûts reliés aux maladies et problèmes sociaux qui affectent la société et les hommes en particulier. Tous s’entendent à dire que beaucoup reste à faire pour mieux comprendre comment les difficultés vécues par les hommes se combinent non seulement au genre mais également aux dimensions reliées à l’âge, à l’origine ethnique, au statut socioéconomique, etc. Une meilleure connaissance de ces phénomènes doit contribuer à assurer l’efficacité des interventions à réaliser. De toute évidence, le problème est urgent et nécessite d’y accorder toute l’attention requise. Ainsi, le partage d’expertises sur le plan international contribuera à marquer des avancées importantes dans le domaine.

Membres actuels du projet de réseau international

Dans un premier temps, le projet regroupe des chercheurs de neuf pays répartis sur plusieurs continents. Ces chercheurs ont été sélectionnés à partir des critères du MDÉIE et le leadership qu’ils assument dans leur pays respectif. Ce sont :

Approche générale

Considérant la complexité des études sur les réalités masculines, nous reconnaissons la nécessité d’adopter une variété d’approches théoriques, de disciplines, de méthodologies, de conceptions et de pratiques discursives. De plus, nous concevons la recherche comme un processus dynamique, ancré dans les besoins mutuels des milieux de pratique et de recherche, en vue de développer les connaissances et les pratiques.

Quoique les recherches aient marqué des avancées importantes, un nombre croissant de critiques s’élèvent faisant ressortir l’aspect « pathogène » de plusieurs approches. Il ressort de plus en plus une volonté d’aborder ces questions cruciales dans une perspective plus positive des hommes et des masculinités. Ainsi, il apparaît clairement un besoin d’approfondir la réflexion sur les hommes et les masculinités tant sur le plan théorique que sur le plan des pratiques d’intervention, pratiques qui se sont multipliées au cours des dernières années.

Principes directeurs

Voici quelques principes directeurs dans la mise sur pied de notre réseau. Ces principes sont soumis en vue d’établir un consensus et ils devront aussi être raffinés et bonifiés.

1. Création d’un espace participatif: Différentes préoccupations transversales interpellent les membres du réseau escompté, notamment que tous les acteurs impliqués contribuent de manière concrète à la mise sur pied et au fonctionnement de la structure. Nous désirons la mise en place d’un leadership démocratique qui valorise les prises de décisions selon le plus large consensus.

2. Position pro-féministe, complémentarité avec les travaux sur le genre, et aussi en lien notamment avec les études sur les diversités culturelles, les diversités sexuelles et les nations autochtones : Une seconde préoccupation est de réaliser un réseau qui soit en complémentarité avec ce qui se fait du côté des femmes. Alors que la variabilité des idéologies est bien démontrée dans le champ des études sur les hommes et les masculinités (cf. Clatterbaugh, 1997), l’absence d’un réseau formel qui se positionne de manière progressiste et positive laisse toute la place aux regroupements antimasculinistes ou antiféministes. À cet égard, nous pensons que le réseau envisagé devrait adopter d’emblée une position pro-féministe libérale dans une perspective de diversités culturelles, d’orientations sexuelles, de classes sociales et de capacités. Il pourrait contribuer ainsi à combler ce manque de visibilité tant locale que plus globale d’un discours progressiste sur les garçons et les hommes.

3. Soutien et développement de la relève scientifique : nous accordons une importance à impliquer de nouveaux chercheurs dans le domaine ainsi que des chercheurs chevronnés. En ce sens, le développement d’un réseau futur devrait favoriser l’implication d’étudiants gradués.

4. Collaboration interdisciplinaire : Le recours à différentes approches théoriques et méthodologiques et la contribution de plusieurs disciplines semblent incontournables. Il ne s’agit pas de considérer une seule perspective mais de faire part d’ouverture et d’un esprit de recherche.

5. Diffusion des connaissances, particulièrement dans les milieux de pratique :L’implication active des partenaires des milieux de pratique favorise grandement la pertinence et les retombées pour la pratique. Ce type de recherche permet aux chercheurs de demeurer près des préoccupations de la pratique, alors que les partenaires bénéficient rapidement des connaissances développées. Bien sûr, cela n’empêche pas de reconnaître la place importante aux études en recherche fondamentale qui contribuent, entre autres, au développement théorique des connaissances sur certaines réalités masculines.