Présentation de l’équipe

La structure de fonctionnement de l’équipe Masculinités et Société est composée des instances suivantes : le comité de direction, le comité exécutif, l’assemblée des membres, le comité d’attribution, le comité de transfert et de diffusion des connaissances, et de différents comités de travail selon les dossiers de l’équipe en cours.

Historique

La « pré-histoire »

Il y a une vingtaine d’années au Québec, les premiers chercheurs qui se sont intéressés à la condition masculine n’étaient pas nombreux. Leur implication touchait moins la recherche comme telle que la mise sur pied de ressources, le développement de programmes et une première définition de formations et d’ateliers qui touchaient divers aspects de la condition masculine. Plusieurs de ces acteurs se sont éventuellement retrouvés impliqués au Centre de recherche interdisciplinaire sur la violence familiale et la violence faite aux femmes (CRI-VIFF).

 

Les débuts du CRI-VIFF (1992-1995) L’accent est mis sur les conjoints aux comportements violents.

Dans les débuts du CRI-VIFF, les chercheurs orientent davantage leur recherche sur la compréhension et le traitement de la violence conjugale. Néanmoins, en regardant les projets de recherche de cette époque, il y avait un intérêt pour la prévention et un désir d’élargir la compréhension de la violence conjugale. Par exemple, dans un projet de recherche essentiellement sur l’efficacité de l’intervention auprès des conjoints aux comportements violents, les chercheurs se sont aussi intéressés à l’attitude à l’égard des hommes et des femmes et le changement qui était provoqué à cet égard par le programme.

 

L’équipe Victoire au CRI-VIFF (1996-2000) : le début d’un élargissement de la problématique.

Pendant les années 1996 à 2000, au CRI-VIFF et pour l’équipe Victoire, les axes de recherche demeurent la compréhension de la violence conjugale ainsi que l’analyse et l’évaluation des pratiques préventives et des interventions curatives. C’est à ce moment que le projet de recherche Trajectoires de recherche d’aide a été accepté après deux refus. Ce projet étant élargi cette fois-ci à trois types de clientèles, avec l’objectif explicite de cerner les différences et les similitudes entre les conjoints aux comportements violents et ceux qui consultent pour des pensées suicidaires et des problèmes de consommation.

 

Hommes, violence et changement (2001-2004) : l’étape de développement.

L’équipe Hommes, violence et changement est mise sur pied en 2000 au sein du CRI-VIFF et était financée par le Fonds pour la formation de chercheurs et l’aide à la recherche (FCAR). Cette équipe avait un programme centré sur les questions reliées aux hommes (genre), à la violence et au changement (contexte social). Ses axes de recherche étaient la portée des interventions auprès des hommes en difficulté ainsi que la transformation des normes et des rôles sociaux. Différents thèmes, extérieurs à la problématique de la violence conjugale et faite aux femmes, ont été abordés dans les projets de recherche de ces chercheurs, soit les conflits de rôles de genre et la dépression chez les hommes, l’implication des pères auprès de leurs enfants dans un contexte de pauvreté, la demande d’aide des hommes en situation de rupture, l’engagement des pères dans un contexte de consommation maternelle de substances psychotropes, la persévérance et la réussite des garçons aux études collégiales.

Réalités masculines (2005-2006) : la consolidation théorique.

Les années 2005-2006 ont sans doute permis une consolidation théorique, en lien avec les travaux initiés par le gouvernement du Québec sur les besoins et la santé des hommes, travaux auxquels ont participé plusieurs membres de l’équipe. Également, le travail réalisé dans le cadre de deux demandes de subventions, qui n’ont finalement pas été financées, a toutefois permis un approfondissement de la réflexion. Ainsi, dans une lettre d’intention formulée pour une subvention de l'Alliance de recherche universités-communautés (ARUC), il était proposé qu’une meilleure conceptualisation des difficultés auxquelles les hommes sont confrontés doit forcément s’appuyer sur une perception plus juste et plus complète des réalités qu’ils vivent, en vue d’une intervention plus adéquate. Une autre demande, faite au Fonds québécois de la recherche sur la société et la culture (FQRSC) (dans le cadre du programme de soutien aux équipes de recherche), avait comme objectif de contribuer au développement des connaissances sur certaines réalités masculines importantes et sur leur rapport aux pratiques sociales. Malgré l’absence de financement, ces travaux ont aussi aidé à se démarquer des aspects uniquement négatifs de certaines réalités masculines, et à développer un partenariat plus étendu avec des organismes communautaires et institutionnels et des chercheurs ne s’occupant pas spécifiquement de violence conjugale ou de violence faite aux femmes.

Masculinités et Société (2007-2011)

C’est en 2007 que l’équipe Masculinités et Société a obtenu son financement du FQRSC en tant qu’équipe en centre (CRI-VIFF), auquel elle est rattachée tout en s’en distinguant et en devant y apporter une valeur ajoutée. Il y a évidemment ici un élargissement des intérêts de recherche sur les hommes et les masculinités et le développement d’un partenariat pour répondre aux besoins mutuels des milieux de pratique et de recherche.

Partenariat

Pourquoi faire de la recherche en partenariat ?

L’équipe Masculinités et Société conçoit la recherche en partenariat comme un processus dynamique, ancré dans les besoins mutuels des milieux de pratique et de recherche, en vue de développer les connaissances et les pratiques en lien aux réalités masculines.

 

Une collaboration avec 15 partenaires des milieux de pratique

L’équipe bénéficie de la collaboration de 15 partenaires différents, qui sont impliqués dans un ou plusieurs des axes de l’équipe. Lors de la demande de subvention, le choix de ces partenaires découlait d’un cadre unificateur basé sur les critères suivants :

1) Par la diversité de leurs expertises et de leurs champs d’intérêt, les partenaires permettent de couvrir la programmation de recherche de l’équipe.

2) De par une longue histoire de collaboration entre les chercheurs et plusieurs des membres partenaires de l’équipe, certaines collaborations durent depuis plus de 15 ans, cela est garant de la qualité et de la solidité du partenariat.

3) En se déployant dans diverses régions géographiques du Québec, le partenariat assure une sensibilité aux réalités spécifiques de ces différents milieux d’appartenance.

4) Les membres partenaires provenant des secteurs communautaire et public et de différents niveaux d’activités (services généraux; services spécialisés; concertation; planification des services), le partenariat donne à l’équipe une plus grande capacité d’influence susceptible d’augmenter les retombées des connaissances dans la pratique.

Une structure de fonctionnement paritaire

Afin de maximiser la collaboration entre chercheurs et partenaires, l’équipe adopte une structure de fonctionnement paritaire, permettant des lieux de mise en commun et d’influence réciproque à différents niveaux. En plus de l’assemblée des membres, les comités de l’équipe sont majoritairement paritaires et contiennent toujours les trois catégories de membres de l’équipe (chercheur-e, partenaire et étudiant-e). Cette structure de fonctionnement paritaire facilite le partage des préoccupations et des expertises autant des milieux de pratique que des milieux de recherche. Ainsi, les trois catégories de membres exercent une influence importante sur les orientations générales de l’équipe et sur le développement de ses diverses activités.

Les bénéfices du partenariat

Un processus de recherche en partenariat permet aux partenaires et aux chercheurs d’échanger sur les implications des résultats de la recherche pour la pratique. Plusieurs chercheurs ont ainsi réalisé des recherches et élaboré des formations et des outils d’intervention avec certains partenaires de l’équipe. La contribution des projets de recherche au développement et à l’amélioration des pratiques est une dimension essentielle pour les membres de l’équipe. De plus, les partenaires sont invités à participer aux comités orienteurs des projets de recherche et ils participent à toutes les étapes des recherches : de l’élaboration du projet à la diffusion des résultats. Cela leur permet de préciser leurs intérêts concernant certaines réalités masculines et d’utiliser ces informations pour développer leurs interventions. Par ailleurs, la participation des membres partenaires dans l’équipe permet aux chercheurs de tenir compte des préoccupations et des réalités du terrain et d'initier des projets à partir des questions en émergence dans les milieux de pratique. Cette forme de partenariat réciproque facilite également, aux chercheurs-es, l’accès à des terrains de recherche et aux étudiants-es, l’accès à des lieux de stage.

Orientations théoriques

Études de genre -» études sur les hommes -» perspective proféministe libérale

Les projets de Masculinités et Société s’inscrivent dans les études de genre et plus particulièrement dans la lignée des études sur les hommes (men’s studies). Sa programmation s’inscrit dans une perspective proféministe libérale, proféministe par son appui aux revendications et avancées associées au mouvement des femmes; libérale (vs radicale) par la reconnaissance que la masculinité, tout comme la féminité sont porteuses de limites imposées aux hommes et aux femmes et qui peuvent avoir des effets dommageables pour les hommes aussi.

Définition des termes

Les « réalités masculines » sont comprises ici comme des expériences objectives et subjectives vécues par les hommes. Le « genre » est utilisé pour rappeler la différenciation sociale, et non biologique, qui est faite entre les hommes et les femmes. La « masculinité » réfère au genre masculin et signifie la construction sociale des hommes. La masculinité est plurielle, relationnelle et situationnelle. Sa pluralisation reconnaît qu’elle peut revêtir différentes significations pour différents groupes de personnes à différents moments. De plus, les masculinités sont comprises comme des construits relationnels que les individus produisent et reproduisent dans leurs interactions avec les autres individus mais également dans leur rapport aux institutions. Parce que les masculinités sont plurielles et relationnelles, elles sont aussi situationnelles. Ce que signifie être un homme varie en effet selon les différents contextes sociaux et institutionnels. Ces contextes diffèrent en fonction de la culture, de la période historique, de la société et au cours de la vie. Dans une perspective d’intégration et de cohésion de la programmation de recherche, les réalités masculines sont étudiées de manière transversale en fonction des deux objectifs du thème général de recherche : la compréhension et l’intervention.

Programmation scientifique

Thème général de recherche

Avec pour thème général de recherche : « Les réalités masculines : comprendre et intervenir », l’équipe Masculinités et Société veut contribuer au développement des connaissances sur des thématiques importantes liées à la masculinité et sur les pratiques sociales et de santé qui y sont associées.

Objectifs transversaux

Le premier objectif de l’équipe Masculinités et Société est de mieux comprendre les réalités masculines. Les réalités retenues dans les volets de la programmation de l’équipe sont jugées parmi les plus importantes par les auteurs qui se sont intéressés au devenir des recherches sur les hommes et les masculinités.

Le deuxième objectif vise à mieux comprendre l’articulation entre les réalités masculines et les pratiques sociales, notamment par une meilleure connaissance de la demande d’aide des hommes et de l’organisation des services qui leur sont dispensés. Les pratiques sociales réfèrent ici aux interventions sur les réalités masculines ou en tenant compte, de même qu’au contexte organisationnel où elles s’effectuent.

Les axes de recherche

Les réalités masculines retenues pour la programmation de Masculinités et Société sont abordées systématiquement à partir de ces deux objectifs transversaux. Les écrits sur les hommes identifient plusieurs réalités masculines particulièrement problématiques, qui ont des conséquences néfastes sur différents acteurs dont les hommes eux-mêmes, les femmes et les enfants et nécessitent donc une compréhension approfondie, au risque de voir une détérioration de la situation. Les auteurs soulignent ainsi la forte proportion d’hommes représentés dans des problématiques sociales comme le décrochage scolaire, la toxicomanie, l’itinérance, la violence familiale et interpersonnelle, les pères séparés de leurs enfants, la dépendance sexuelle, les homicides, les suicides et les accidents d’automobiles mortels, de même que certaines maladies mortelles. À partir de ces réalités jugées prioritaires dans les projets de recherche sur les masculinités à travers le monde, la programmation de l’équipe Masculinités et Société porte sur quatre réalités spécifiques qui sont autant de volets de recherche :

Volet A : Paternité

La compréhension de l’engagement paternel dans des contextes à risque ou dans des situations spécifiques d’exclusion, lesquels exigent une réponse adaptée des services sociaux et de santé.

Volet B : Violence

L’analyse et le développement des pratiques québécoises d’intervention auprès des hommes ayant des comportements violents.

Volet C : Santé

L’organisation des services offerts aux hommes et l’adaptation des interventions dans les champs de la santé et des services sociaux.

Volet D : Diversité culturelle

Comme dimension transversale, les dimensions culturelles sont essentielles à la compréhension de réalités masculines plurielles et l’équipe souhaite en arriver à mieux comprendre et à mieux insérer cette réalité dans les recherches sur les masculinités au Québec.

Fonctionnement

La structure de fonctionnement de l’équipe Masculinités et Société est composée des instances suivantes : le comité de direction, le comité exécutif, l’assemblée des membres, le comité d’attribution, le comité de transfert et de diffusion des connaissances, et de différents comités de travail selon les dossiers de l’équipe en cours.

 

Le comité de direction

Le comité de direction est composé des chercheurs responsable et coresponsable de l’équipe, d’un-e autre chercheur-e élu-e, de deux étudiants-es élus dont un-e des deux est un-e membre substitut sans droit de vote, et de quatre membres partenaires désignés lors de l’assemblée des membres. Ce comité se réunit au moins deux fois par année ou au besoin. La composition du comité de direction doit refléter les trois catégories de membres, la diversité de leurs provenances géographiques et les différents volets de la programmation de recherche. Le coordonnateur scientifique et l’agent de liaison participent à ces réunions, mais n’ont pas le droit de vote. Le comité de direction voit à la réalisation du plan d’action annuel, il comble les postes laissés vacants au comité de direction où dans les différents comités de travail et il travaille au recrutement et au maintien d’un équilibre parmi les membres.

 

Le comité exécutif

Le comité exécutif est composé des chercheurs responsables de l’équipe, du coordonnateur scientifique et de l’agent de liaison et il se réunit hebdomadairement. Il voit à la préparation des rencontres des différents comités et à faire les suivis nécessaires de ces rencontres. Il s’occupe de la préparation du plan d’action annuel et voit à sa réalisation. Son rôle est également d’embaucher des auxiliaires de recherche pour réaliser différentes tâches nécessaires pour l’équipe et d’identifier des représentants aux différentes instances du CRI-VIFF.

 

L’assemblée des membres

L’assemblée des membres se compose des trois catégories de membres (chercheur-e, partenaire et étudiant-e) et elle se réunit au moins une fois par année. Elle joue un rôle consultatif sur les orientations de l’équipe et l’adoption du plan d’action annuel. Lors de l’assemblée des membres, chaque catégorie de membres désigne les personnes qui les représenteront au comité de direction.

Le comité d’attribution

Le comité d’attribution est composé du chercheur responsable de l’équipe, d’un-e chercheur-e, d’un-e étudiant-e, et d’un-e membre partenaire. Le rôle du comité d’attribution est de voir à recommander, à l’exécutif, l’attribution des bourses de chacun des programmes de soutien financier s’adressant aux chercheurs réguliers et aux étudiants de l’équipe. Il se réunit au besoin en fonction des échéanciers de chacun des concours. Le coordonnateur scientifique participe à ces réunions, mais n’a pas le droit de vote. Les projets relatifs à la violence familiale et à la violence faite aux femmes sont traités par le comité d’attribution du CRI-VIFF.

Le comité de transfert et de diffusion des connaissances

Le comité de transfert et de diffusion est composé du chercheur responsable de l’équipe, d’un-e chercheur-e, d’un-e étudiant-e, et d’un-e partenaire, il se réunit au moins deux fois par année. Le rôle du comité de transfert et de diffusion est d’identifier les modes de diffusion et de transfert des connaissances, entre les milieux de la recherche et les milieux de pratique, les plus efficaces et les plus adaptés aux besoins des acteurs impliqués afin de créer davantage de synergie entre les membres de Masculinités et Société. Il a également pour mandat d'identifier les modes de partage des résultats de recherche développés dans les axes de recherche de l’équipe de façon à favoriser l’intégration des connaissances sur les réalités masculines. De plus, ce comité reçoit le plan d’action annuel en ce qui a trait à la diffusion et au transfert des connaissances et s’assure de sa mise en œuvre. L’agent de liaison participe à ces réunions, mais n’a pas le droit de vote.